CONFÉRENCE « Un ‘Aiguepersois’ à l’Académie française » – 25 juin 2022
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À l’invitation de l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs (ACAE), samedi 25 juin, Philippe Auserve, président honoraire de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Clermont-Ferrand, fondateur et conservateur du Musée des peintres de l’École de Murol, a présenté au collège Diderot d’Aigueperse, une conférence sur « Jacques Delille, ‘Aiguepersois’ à l’Académie française ».
Philippe Auserve est spécialiste des poètes français et, notamment, il est l’auteur en 1964 de Delille poète français.
Jacques Delille : de son temps une célébrité
Lors de son décès en 1813, à l’âge de 75 ans, Delille est célébré partout en France. Il reçoit de véritables funérailles nationales. Les Parisiens défilent devant sa dépouille exposée 3 jours et 3 nuits dans la grande salle du Collège de France. Sa tête est ornée d’une couronne de lauriers. Pendant le convoi funèbre qui l’emmène au Père Lachaise, son cercueil est porté par ses anciens élèves qui, nombreux, n’ont de cesse de se relayer. Sur sa tombe, il est seulement noté « Jacques Delille » ; inutile d’en dire plus… tout le monde savait qui il était.
À ce moment-là, la ville de Clermont célèbre aussi cet Auvergnat et donne son nom à sa plus belle place de l’époque, à l’entrée de la ville : la place Delille.
Les raisons de sa célébrité
L’œuvre de Delille est considérable. Poète, il a composé plus de 100 000 vers. Il s’est tout d’abord consacré à des traductions d’œuvres latines, puis il abordera des traductions d’œuvres anglaises.
En 1769, il publie les Géorgiques de Virgile. Ce travail qui lui assure la gloire, lui prend dix années. Sa prouesse consiste en une traduction en vers, sans pour autant en multiplier le nombre comme auraient pu nécessiter les différences de composition des deux langues. Il emploie également des mots inédits en poésie à son époque comme « vache » ou « aubépine ». Cela correspond à la mode en cours lancée par les Physiocrates pour la nature et l’agriculture. Son travail facilite l’accès aux textes de Virgile, notamment par les femmes auxquelles le latin n’est pas enseigné.
Il est élu à l’Académie Française en 1774. Il publie son poème Les Jardins en 1782 qui renforce sa renommée et, en 1804, L’Enéïde de Virgile qu’il a mis 30 ans à traduire.
De l’anglais, il a notamment traduit le Paradis perdu de John Milton. C’est un travail qu’il a fait de tête, on lui lisait l’anglais et il en dictait la traduction, car il était devenu aveugle.
L’abbé Delille, un personnage pittoresque
Jacques Delille a reçu les ordres mineurs, il est donc abbé mais n’a jamais été ordonné. À la demande de Robespierre un hymne à la République, mais garde toujours un sens aigu des répliques. Alors qu’on s’inquiète pourquoi il ne porte pas de cocarde, il répond qu’il l’a oubliée sur son bonnet de nuit !
Il épouse Marie-Jeanne Vaudechamp, qu’il va d’abord appeler sa gouvernante ou sa nièce…
Émigré, partout, il est accueilli en triomphe : Suisse, Allemagne puis Angleterre.
Delille en Auvergne
Ses parents sont d’Aigueperse. Son père est Antoine Montanier, avocat en Parlement, et sa mère, Marie-Hiéronyme Bérard de Chazelles*. Il est baptisé en l’église Notre-Dame du Port de Clermont. Delille n’a pas connu son père. Il est élevé en nourrice à Chanonat où il est très heureux. Sa mère ne vient l’y voir qu’une fois.
